dimanche 6 octobre 2013

Chronique #66 : Un monde pour Clara de Jean-Luc Marcastel


Titre : Un monde pour Clara
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Collection : Black Moon
Edition : Hachette
Nombre de pages : 352
Date de sortie : 09 octobre 2013

Résumé : 2027. En France.
Après une catastrophe nucléaire succédant à tant d'autres, l'écologie est plus que jamais au centre des préoccupations.
Les Enfants de Gaïa est une puissante secte extrémiste qui mêle discours écologique et spiritualité. Diane, dont la jumelle Clara est morte suite à cette catastrophe, participe, avec son meilleur ami Léo, à l'une de leurs manifestations anti-nucléaire. Mais la marche pacifique tourne au combat de rue, et Diane, grièvement blessée, tombe dans le coma...
Dix ans plus tard, la jeune fille se réveille. Pendant son sommeil, le monde s'est transformé. Les Enfants de Gaïa sont à la tête du pays. Ils sont tous puissants. Et ils ont fait de Néo Lutécia, construite sur les ruines de Paris, la cité écologique idéale.
Diane y retrouve Léo, désormais lieutenant de la secte. Elle apprend qu'elle est devenue l'icône de la Révolution Verte, une incarnation vivante de Gaïa aux yeux de ses fidèles et découvre un nouveau monde bien loin de celui dont Léo et elle avaient rêvé...

Mon avis : Merci aux éditions Hachette et à Svetlana pour cet envoi !

Dix ans plus tôt, une horrible catastrophe nucléaire a lieu à Gravelines. Diane perd sa sœur et Léo perd sa mère. Ainsi naissent deux adolescents déterminés à changer le monde et à créer un monde meilleur pour leurs enfants, un "monde pour Clara".  Un jour, Diane et Léo participent à une manifestation organisée par la secte Les Enfants de Gaïa. Malheureusement, rien ne se passe comme prévu et Diane reçoit une balle anti-émeute, qui était destinée pour Léo. Pendant 10 ans, Diane est dans le coma. Un jour, elle se réveille et découvre un monde totalement différent. La secte est désormais à la tête du pays, son ami Léo occupe un haut poste. Mais ce nouveau monde n'est pas comme l'avait souhaité Diane. C'est une sorte de retour au Moyen-Age, où la médecine est interdite, les voyages non tolérés, où les jeunes filles reçoivent des piqûres pour devenir stérile afin de ne pas augmenter le nombre d'humains (justement, c'est tellement inhumain !)... Les Enfants de Gaïa ont installé une pure dictature.
 
L'héroïne, Diane, vit avec le fantôme de sa sœur jumelle Clara. Je me suis sentie énormément proche de Diane car j'ai moi-même une sœur jumelle et je ne sais pas ce que j'aurai fait si j'avais été à la place de Diane. Clara est son moteur, cette voix qui l'aide lorsqu'elle est en difficulté. Cette manière de continuer à faire vivre Clara est très émouvante mais aussi très intime. J'avais parfois l'impression d'être une espionne, une voyeuse, à lire les échanges des jumelles. Mais c'est tellement touchant. J'aurais aimé découvrir Clara et surtout la Diane entière. Par la suite, Diane va rencontrer une petite fille appelée Zoé. Cette enfant va lui rappeler Clara et elle va tout faire pour la protéger. Cet amour si soudain m'a également bouleversée.
 
Suivre l'évolution de Diane est un plaisir. C'est un personnage avec lequel j'ai beaucoup accroché et j'ai aimé la découvrir au fil des pages. Au début, Diane accepte d'être la Fille de Gaïa, une personne adulée par le peuple. Puis, elle va se rendre compte que ce nouveau monde n'est pas celui qu'elle espérait. Elle va tout faire pour s'en échapper. Sa force et son courage sont admirables. Bien sûr, elle va faire des rencontres capitales qui vont l'aider à s'en sortir mais même si à la base ce n'est pas une héroïne extraordinaire et sûre d'elle, elle va apprendre à rester calme et c'est ce qui va la mener loin. Le second personnage masculin est Léo. Je n'ai pas accroché avec lui. Son aveuglement m'a plus agacée qu'autre chose. Il refuse de voir la réalité en face, que son Ronsard est un dictateur, que les membres de cette secte sont cruels et sans cœur. C'est seulement à la fin que mon opinion a changé pour lui. Mais, je m'en doutais, c'était un peu trop prévisible. Sinon, j'ai adoré le personnage de la Vesta Acacia. C'est une femme généreuse et serviable, prête à tout pour sauver le peuple du gouffre dans lequel il s'enfonce un peu plus chaque jour. C'est une femme en or.
 
J'ai succombé au pouvoir des mots de Jean-Luc Marcastel. Sa plume m'a totalement envoutée. Ses métaphores sont splendides et certains passages de descriptions sont si magnifiquement décrits que j'étais totalement dans l'histoire. Si jamais vous allez lu ma chronique sur Le Dernier Hiver (cliquez sur le titre pour la consulter), vous devez avoir constaté que ma chronique est beaucoup plus élogieuse ! J'espère vraiment que le roman va avoir une suite ! De plus, le récit est à la troisième personne du singulier et pourtant, les émotions de Diane sont parfaites retranscrites et nous connaissons la moindre de ses pensées. Néanmoins, j'ai trouvé la première partie du roman un peu trop longue à se mettre en place même si cela peut paraître logique puisqu'il faut que Diane découvre ce nouveau monde.
 
Avec ce roman, nous découvrons qu'une dictature peut naître d'un simple soulèvement populaire. A vouloir trop changer les choses, on finit par faire l'opposé de ce que l'on voulait et à rendre le monde encore pire qu'avant. C'est une magnifique morale !
 
Ma note :
 
 
« - Je ne regrette rien, et quand je regarde Zoé, je me dis que, pour elle, pour ces moments où je l’ai sentie grandir et bouger en moi, je le referais cent fois… Jamais je ne me suis sentie aussi vivante, je n’ai autant fait partie de ce monde, de cette vie, qu’à ces instants-là. Jamais je n’ai connu plus grand bonheur que le jour où elle est sortie de mon ventre pour venir au monde et que je l’ai tenue dans mes bras, ma petite fille, le mélange de nos deux êtres, à Xavier et à moi, la preuve tangible de notre amour… »

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