vendredi 6 juin 2014

Chronique #132 : Antigone de Sophocle

 
Titre : Antigone
Auteur : Sophocle
Edition : Librio
Nombre de pages : 87 pages
 
Résumé : Antigone doit mourir. Elle le sait.
En bravant l'interdit de son roi, en offrant une sépulture à son frère Polynice, elle accepte son funeste destin. La fille d'Œdipe a décidé d'obéir à la loi éternelle des dieux, non à celle des hommes. Pas même Hémon, son amant, ne pourra arrêter l'héroïne antique.
 
Mon avis : J'ai du lire l'Antigone de Sophocle dans le cadre de l'un des deux objets d'étude spécifique aux premières littéraires, la réécriture. J'ai donc lu l'œuvre source, celle-ci et la réécriture de Jean Anouilh. Je posterai ma chronique sur l'Antigone d'Anouilh bientôt, je pourrai vous y faire une comparaison entre l'œuvre source et la réécriture. Mais avant toute chose, il nous faut parler de la malédiction de la famille des Labdacides, famille à laquelle Antigone appartient.
 
Je vais essayer de faire vite mais je pense que c'est indispensable d'évoquer cette malédiction afin de mieux comprendre l'œuvre. Ainsi pour ceux qui ne connaissent pas cette histoire, je vais essayer de vous l'expliquer le plus clairement possible. Ceux qui connaisse le mythe des Labdacides, vous pouvez sauter cette partie ! A l'origine de la malédiction, se trouve Laïos, le père d'Œdipe. Laïos séjourne dans sa jeunesse chez son ami Pélops et il s'éprend de Chrysippos, le fils de Pélops. Chrysippos est enlevé par Laïos et se donne la mort, ce qui bien évidemment ne plaît pas à Pélops. Il maudit alors Laïos et ses descendants. Le premier descendant est Œdipe. Devenu roi de Thèbes, Laïos a un fils avec Jocaste mais un oracle prédit que ce fils tuera son père et épousera sa mère. Œdipe est donc abandonné. Le roi Polybe de Corinthe et sa femme Mérope adoptent Œdipe. Devenu adulte, Œdipe prend connaissance de sa malédiction et fuit donc ses parents (il ne sait pas qu'il a été adopté). Sur le chemin qui le mène à Thèbes, il se querelle avec un voyageur. Œdipe ne le sait pas ce voyageur est Laïos, c'est-à-dire son vrai père. Il poursuit son chemin  et rencontre le Sphinx. Œdipe résout l'énigme sur Sphinx et est accueilli comme le sauveur de la ville. Œdipe reçoit en cadeau le trône de Thèbes et la reine, qui est Jocaste (sa vraie mère). Avec Jocaste, il a quatre enfants : Etéocle, Polynice, Antigone et Ismène. Arrive une grande famine et Œdipe en cherche la cause. Il dépêche un messager à Delphes qui consulte l'oracle et ce dernier dit qu'il faut trouver le meurtrier de Laïos. Œdipe enquête et au terme, il s'aperçoit que c'est lui le coupable. Après cette révélation, Jocaste se pend, Œdipe se crève les yeux et il s'exile. Il part errer et mendier sur les routes avec Antigone. Etéocle et Polynice restent à Thèbes et décident de se partager le pouvoir mais Etéocle qui a régné le premier refuse de céder le trône à son frère et le chasse. Polynice décide avec six autres chefs d'assiéger les sept portes de Thèbes. Les deux frères s'entretuent au combat. Il reste seulement Créon, le frère de Jocaste, pour gouverner.
 
Nous rentrons maintenant concrètement dans Antigone. Créon est donc devenu roi et il rétablit l'ordre. Il rend les honneurs funéraires à Etéocle. En revanche, il considère Polynice comme un traitre à sa patrie et il interdit de lui rendre les honneurs sous peine de mort. Pourtant, par piété filiale, Antigone désobéit à Créon, elle ensevelit le corps de son frère. Il y a un affrontement entre Créon et Antigone, mais elle est condamnée à être emmurée vivante. Non je ne vous spoile pas car de toute façon, Antigone est une tragédie et qui dit tragédie, dit destin tracé d'avance. En plus, elle est maudite à cause de son grand-père alors cela ne peut que mal finir pour elle !
 
J'ai beaucoup aimé lire cette tragédie antique. Je ne peux pas dire que les personnages soient supers touchants ou attendrissants car ce sont des personnages assez déshumanisés. Mais malgré tout, j'ai beaucoup aimé le courage d'Antigone car elle sait ce qui l'attend et elle ne cille pas, son envie de rendre les honneurs funéraires à son frère est tout à fait louable. Par ailleurs, son courage se lit également dans le fait qu'elle assume ses actes. Elle dit explicitement qu'elle ne sait pas pourquoi les dieux sont contre elle alors que justement, elle voulait rendre les honneurs funéraires à son frère pour que son âme n'erre pas et qu'elle atteigne le ciel. Pourtant, elle dit qu'elle accepte son sort. Belle leçon de vie. Sinon, Créon est vraiment un personnage odieux. Même s'il ne va pas mourir, il est tout de même touché directement par cette malédiction car sa nièce, son fils et sa femme meurent.
 
Cependant, même si j'ai plutôt bien compris dans l'ensemble, il y a quelques passages assez compliqués, notamment les passages du chœur. En effet, il y a énormément d'allusions à la mythologie grecque... Il faut être bien armé culturellement sur ces points là sous peine de ne pas saisir plein de choses. Malheureusement, ce fut un peu mon cas. J'ai tout de même beaucoup apprécié cette tragédie grecque. Je pense que j'en lirai d'autres, et plus particulièrement Œdipe Roi de Sophocle également.
 
Ma note :
 
 
 
"O malheureuse enfant d'un père malheureux !"

4 commentaires:

  1. J'aime trooooop la mythologie grecque, il faut vraiment que je lise ce livre ! Celui d'Anouilh est plus simple à comprendre sur ce point là (et excellent en plus de ça !) :3

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    1. Moi aussi, j'adore çaaa ! J'espère qu'il te plaira aussi :) Oui celui l'Antigone d'Anouilh est extra :D

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  2. J'adore cette pièce même si je préfère encore plus la version d'Anouilh! Antigone est un personnage à part, que j'adore du fait de son fort caractère ^^

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    1. Ça on peut vraiment dire qu'Antigone a un fort caractère ! Moi aussi j'ai préféré celle d'Anouilh ^^

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